Octobre 2026 - Journal d'une femme entrepreneure
Me revoilà…
Après plusieurs semaines d'absence, me revoilà enfin devant mon clavier.
Un voyage extraordinaire en Chine. Une rentrée particulièrement chargée en émotions. Le départ de notre fils aîné, parti construire son avenir à plus de 6 000 kilomètres de nous. Et, en parallèle, les dernières étapes de construction de ma boutique de bijoux.
J'ai parfois eu l'impression de vivre plusieurs vies en même temps, ces derniers temps.
Et puis, le 17 octobre 2026, deux ans jour pour jour après notre mariage à Las Vegas, j'ai officiellement lancé ma boutique : Cœur Ailleurs.
Je pourrais simplement vous annoncer la nouvelle mais si je vous racontais tout le parcours. Toute l'histoire ?
Bien avant Cœur Ailleurs, il y avait déjà les boucles d'oreilles…
Il faut remonter quelques années en arrière, lorsque nous vivions encore au Luxembourg.
À l'époque, je développais mon activité Nu Skin. Je faisais régulièrement des lives Facebook pour présenter mes produits cosmétiques, expliquer leur utilisation et échanger avec mes clientes.
Mais ces lives avaient parfois une petite particularité.
Entre deux démonstrations de soins, je sortais mes boucles d'oreilles fantaisie !
Une amie qui possédait une boutique à Paris m'envoyait ses invendus, et je les proposais à mes clientes. Je faisais de véritables petits défilés devant ma caméra. J'adorais ça.
Puis, en décembre 2023, nous sommes partis faire notre tour du monde de 2 ans.
J'avais emporté aucun bijoux. Pourtant, partout où nous passions, je ne pouvais pas m'empêcher de flâner dans les boutiques. Mais je n'achetais rien.
À une exception près : un bijou représentant un palmier quand nous étions à Las Vegas, pour notre mariage.
Un petit symbole de cette nouvelle vie que nous cherchions à construire sous le soleil...
Novembre 2025 - Et si je créais ma propre marque ?
En juin 2025, nous nous installons définitivement à Abu Dhabi, après avoir visité plus de 20 pays en deux ans.
Et quelques mois plus tard, en novembre, l'idée des bijoux refait surface. Difficile de ne pas y penser au Moyen-Orient, où les boutiques d'or et de bijoux sont partout. Difficile aussi de ne pas se laisser entraîner par l'énergie entrepreneuriale de cette région.
Ici, je rencontre énormément de personnes qui développent leur propre activité.
Et régulièrement, cette question revient : « Et vous, qu'est-ce que vous faites dans la vie ? »
Je parle de mon activité dans les cosmétiques, de mes années dans la vente directe, de mes vidéos, de mes clientes. Mais j'ai parfois l'impression que tout cela n'a pas beaucoup de valeur aux yeux de mes interlocuteurs.
Je n'ai pas de boutique e-commerce à leur montrer. Pas de marque de produits qui porte mon nom, rien qui m'appartient. Alors, une envie grandit en moi.
Et si je créais ma propre marque de bijoux ?
Je ne sais absolument pas comment faire. Mais l'envie de prouver que je suis capable de développer quelque chose de nouveau devient plus forte que la peur de me lancer. Je démarre donc comme beaucoup de gens : j'ouvre Google. « Comment créer sa marque de bijoux ? »
Le rêve du Made in France
Au début, j'imagine acheter un stock de bijoux, préparer moi-même les commandes et les expédier à mes clientes.
Sauf qu'en faisant mes calculs, je découvre rapidement les difficultés logistiques. Ma clientèle cible se trouve principalement en Europe, notamment en France.
Expédier des bijoux depuis les Émirats, gérer les frais de transport, les formalités douanières et les délais… Tout cela complique sérieusement mon projet. Je commence alors à rechercher un fournisseur français.
Et là, je m'accroche à une idée : je veux du Made in France. Dans ma tête, c'est un gage de crédibilité et de qualité. Pendant des mois, je reste persuadée que c'est la bonne direction.
En parallèle, j'essaie de comprendre Shopify. Ma première connexion est une catastrophe. Je ne comprends rien. J'utilise des outils d'intelligence artificielle pour m'aider, mais le résultat est loin de ce que j'imagine.Je regarde des vidéos, je parcours les réseaux sociaux, je cherche des explications. Je m'inscris aussi à des masterclass gratuites.
Lors de l'une d'elles, un intervenant parle de produits personnalisables et explique notamment que ce modèle peut limiter les retours liés au simple changement d'avis.
Cette idée me travaille. Pourquoi ne pas proposer des bijoux personnalisés ?
À la fin de la masterclass, il présente sa formation. 3 000 €. Hors budget.
Je continue à chercher un accompagnement, quelque chose qui corresponde à mes besoins et qui reste accessible financièrement. Mais je ne trouve rien. Alors je prends une décision.
Je vais apprendre toute seule.
Février 2026 - La douche froide des ateliers
Je contacte une dizaine d'ateliers de bijoux. Un seul me répond. Je fonce.
Nous organisons trois rendez-vous en visioconférence pour discuter de mon projet. Je leur présente mon site Shopify, encore très imparfait. Et je découvre un premier problème. L'atelier ne dispose pas d'intégration automatique avec ma boutique. Les échanges de commandes devront se faire manuellement.
Je tique. Parce que dans ma tête, je vois déjà les choses en grand. Imaginez que je reçoive un jour 1 000 commandes en une journée ! Est-ce que je vais devoir transmettre manuellement 1 000 commandes à mon fournisseur ?
Non.
Ce n'est pas le fonctionnement que je recherche. Puis vient la question des créations. J'ai trois modèles de bijoux en tête. L'atelier me propose un tarif de 1 500 € par design pour réaliser les moules. Soit 4 500 € avant même d'avoir commencé à vendre ces créations. Je prends du recul.
Je découvre ensuite un atelier en Turquie qui me propose un moulage comparable pour environ 50 dollars. L'écart me laisse sans voix.
Et lorsque je demande à mon interlocuteur parisien d'où proviennent les matières premières, il m'explique qu'elles viennent notamment de Chine, de Thaïlande et d'Inde, tandis que l'assemblage est réalisé à Paris. Je suis dépitée.
Je m'étais imaginé une fabrication entièrement française. Je découvre une réalité beaucoup plus complexe que ce que j'avais en tête. Je décide de ne pas poursuivre cette collaboration.
Je pars au Kenya pour réfléchir. Et me voilà à nouveau au point mort. Pas de fournisseur. Pas de collection. Pas de boutique opérationnelle. Et toujours cette impression de ne rien comprendre à Shopify.
Mars 2026 - Les cœurs, les affiches et mes rêves de grandeur
Je suis frustrée. Je cherche une idée, une solution, quelque chose qui me permette enfin de lancer mon activité. Puis je tombe sur une vidéo Instagram d'une femme qui vend ses créations d'affiches sur Etsy. Et là, une nouvelle idée apparaît. Des affiches !
Mais pas n'importe lesquelles. Des cœurs.
Pendant notre tour du monde, j'avais photographié et remarqué des cœurs un peu partout. Des cœurs d'ailleurs.
Cœur Ailleurs.
Le nom prend forme.
Je me mets sur Canva, je crée mes affiches et, cette fois, je décide d'utiliser Wix. Shopify et moi, nous ne sommes toujours pas réconciliés. En dix jours, ma boutique est prête.
Hourra ! Je suis lancée.
Dans mes rêves les plus fous, je m'imagine vendre 60 affiches par jour, à raison d'environ 10 € de chiffre d'affaires par affiche. 600 € par jour !
Oui, c'est comme ça que je fonctionne. Je rêve parfois beaucoup trop grand, pour mieux me casser la figure ensuite. Parce que la réalité est un peu différente:
Je vends 11 affiches.
Et puis plus rien.
Je remercie encore sincèrement ces premières clientes qui ont soutenu mon travail. Mais je comprends rapidement que les affiches, seules, ne vont probablement pas me permettre d'atteindre mes objectifs. Il me faut autre chose.
Ma courte aventure dans le dropshipping
Je découvre alors le dropshipping.
Le principe paraît séduisant : choisir des produits sur une plateforme, les intégrer à sa boutique, les vendre et laisser le fournisseur gérer l'expédition.
Je me dis que je pourrais créer une boutique entièrement consacrée aux cœurs, à l'amour et aux cadeaux.
Je passe une dizaine de jours à explorer un catalogue qui contient près d'un million d'articles. Je suis submergée par les possibilités. Je sélectionne une trentaine de produits, je les synchronise avec ma boutique Wix et je commence à vendre quelques articles.
Je suis confiante.
Jusqu'au jour où je reçois un message d'une cliente.
Elle m'explique qu'un bijou proposé à 15 € sur mon site est disponible sur une plateforme chinoise à environ 3 €.
Exactement le même. Je vérifie. Et je réalise que je n'ai pas suffisamment étudié la concurrence. Les produits que j'ai sélectionnés sont déjà vendus ailleurs, souvent à des prix bien inférieurs. Je n'apporte aucune originalité. Aucune véritable valeur ajoutée. Et je suis plusieurs fois plus chère.
Je reprends mes produits un par un. Je vérifie. Je compare. Puis je supprime tout. J'arrête le dropshipping. J'arrête aussi les affiches. Je ferme cette version de ma boutique.
Et je me retrouve dans mon lit, complètement dépitée.
Comment font les autres ? Comment arrivent-ils à créer des boutiques en ligne qui fonctionnent ? Pourquoi est-ce que je bloque autant ? Je voulais absolument avoir lancé un véritable business avant mon anniversaire.
Mais le 30 mars 2026 arrive. 45 ans. Et je n'ai toujours pas l'entreprise que j'espérais construire.
Je me sens nulle. Je n'ai pas 3 000 € à investir dans une formation. Je suis à court d'idées. Et, pour la première fois depuis longtemps, je n'ai plus envie de chercher.
Avril 2026 - Je n'en peux plus
Pendant trois semaines, je ne fais presque rien. Un véritable break mental. Je suis épuisée d'avoir cherché, essayé, recommencé, sans parvenir à construire une activité qui rapporte réellement. Et il n'y a pas que le business. Mon mari n'a toujours pas retrouvé de travail. Nos économies diminuent à une vitesse qui commence sérieusement à nous inquiéter.
Le contexte régional au Moyen-Orient est tendu. Nos vacances sont annulées. Et notre fils aîné nous annonce qu'il souhaite arrêter l'école. J'ai l'impression que tout arrive en même temps. Je n'ai plus d'énergie. Alors je scrolle sur les réseaux sociaux. Sans but précis.
Jusqu'à tomber sur une vidéo qui parle de bijoux personnalisables.
Et là… Mon idée revient. Les bijoux. Encore eux.
Le message en chinois que j'ai failli ne jamais lire
Cette fois, je décide de chercher autrement. Je ne vais plus me limiter à la France. Après tout, les ateliers français que j'avais contactés s'approvisionnaient eux-mêmes en Asie. Pourquoi ne pas chercher directement en Chine, en Inde ou en Thaïlande ?
Je passe quatre jours à faire des recherches. Je trouve un premier fournisseur en Thaïlande, spécialisé dans les bijoux en acier inoxydable. Je commande des échantillons. Je les reçois. Mais je ne suis pas convaincue à 100 %.
Je veux une finition plus luxueuse. De l'argent 925. Des finitions dorées 18 carats. Et surtout, des bijoux personnalisables.
Je contacte plusieurs personnes installées en Chine pour m'aider à trouver un atelier. Six agents me répondent avec des tarifs de service d'environ 200 dollars par jour. Et puis il y a un autre message. Entièrement en chinois.
Sur le moment, je ne prends même pas le temps de le traduire. Je traverse une journée particulièrement difficile physiquement, liée à ma périménopause. Je suis épuisée et incapable de me concentrer. Je laisse le message de côté.
Et je l'oublie. Pendant dix jours.
Puis, un matin, sans trop savoir pourquoi, j'y repense. Je passe presque une heure à le retrouver dans mes messages Instagram. Avec les milliers de personnes qui suivent mon compte Partir Vivre Ailleurs, certaines journées apportent des centaines de messages.
Enfin, je le retrouve. Je le traduis avec l'intelligence artificielle.
Et je découvre que cette personne connaît un atelier familial à Hangzhou, spécialisé dans les bijoux personnalisables en argent et en or, qui pourrait m'accompagner dans la création de ma marque. Elle me propose de nous mettre en relation. Je n'en reviens pas.
Et si c'était enfin le bon contact ?
Mai 2026 - Enfin, les bons bijoux ?
Je commence à échanger avec cet atelier. Il possède déjà un catalogue de bijoux personnalisables. Il accepte de travailler à la demande, sans que je doive acheter un stock important. Il peut expédier directement les commandes à mes clientes. Et surtout, il m'explique qu'une connexion technique avec ma boutique est possible.
C'est exactement le modèle que je cherche depuis des mois ! Je demande des échantillons.Fin mai, le colis arrive. Je l'ouvre. Et là… WOW.
Mes yeux brillent.
Pour la première fois, j'ai vraiment le sentiment de tenir quelque chose.
Juin 2026 - Mes premières vraies ventes de bijoux
Je reprends ma boutique Wix, que j'avais mise en attente. Je commence avec six bijoux personnalisables. Je dois configurer les fiches produits, les paiements, les livraisons et la transmission des commandes à mon atelier.
Trois semaines. Trois semaines à travailler chaque jour, la tête baissée. Je réalise aussi mes premières photographies. Je n'ai pas de studio. Pas de photographe. Juste mon téléphone. Alors je deviens mon propre mannequin. Je teste les angles, les lumières, les positions. Je fais avec les moyens du bord.
Et fin juin…
Ma boutique est en ligne !
Je crois que j'ai envie de pleurer.
Après tous ces mois, j'ai enfin une marque de bijoux personnalisables qui me ressemble. Et surtout…Je vends !
Ma communauté accueille les créations avec enthousiasme. Je reçois mes premières commandes. Je suis tellement heureuse. Mais cette joie va rapidement être accompagnée d'un nouveau problème. Mon fournisseur reçoit bien les commandes transmises par Wix. En revanche, lorsque les bijoux sont expédiés, les informations de suivi ne remontent pas correctement dans ma boutique. Je dois intervenir manuellement.
Nous essayons de régler le problème pendant trois semaines. Sans succès. Et mon fournisseur finit par me conseiller de passer sur Shopify.
Ah, Shopify…
Rien que de prononcer ce nom, je sens les nœuds revenir dans mon cerveau.
La Chine, les larmes et une rencontre que je n'oublierai pas
La veille de notre départ pour un voyage familial en Chine, je comprends que Wix ne répondra probablement pas à tous mes besoins. Je vais devoir changer de plateforme. Encore. Et une fois en Chine, une nouvelle difficulté apparaît. Je n'arrive plus à accéder correctement à mon interface d'administration Wix pour gérer certaines commandes. Je suis loin de chez moi. Des clientes attendent leurs bijoux. Je ne peux pas faire ce que je dois faire.
Je pleure de stress.
Mais ce voyage va aussi m'apporter l'un des plus beaux moments de cette aventure. À Hangzhou, je rencontre enfin les personnes avec lesquelles j'échange depuis plusieurs semaines.
Le directeur commercial de l'atelier et l'un de ses associés prennent le temps de nous recevoir. Ils me présentent de nouvelles créations, certaines qui ne figurent pas encore dans leur catalogue. Nous parlons de l'avenir, de collaboration à long terme, de confiance. Et puis nous parlons de leur culture, de leur pays, de nos vies. Nous passons un après-midi ensemble.
Je ne ressens pas cette distance habituelle entre un fournisseur et son client. Je ressens une véritable chaleur humaine.Je cherchais un atelier capable de fabriquer mes bijoux. Je découvre aussi des personnes avec lesquelles j'ai envie de construire quelque chose. Et pour moi, cela compte énormément.
Je rentre de Chine le 23 août, la tête remplie de rêves.
Août 2026 - Mon mari me pose une question qui change tout
Après trois jours pour récupérer du voyage, je reçois un message de mon fournisseur. Il me remercie d'être venue à leur rencontre et me souhaite un bon retour. J'ai presque l'impression d'échanger avec un ami de longue date.
Puis Fred me demande : « Au fait, combien tu as gagné avec tes ventes de bijoux en juillet et août ? »
Je commence à calculer. C'est la douche froide.
Je suis déficitaire.
J'avais bien calculé un coût d'achat, une marge et un prix de vente. Mais je n'avais pas suffisamment pris en compte l'ensemble des dépenses. Les frais de fonctionnement du site. Les publicités. Les commissions sur les transactions. La TVA et les éventuels frais douaniers.
Je m'étais concentrée sur le produit et sa marge apparente, pas sur la rentabilité réelle de l'entreprise. J'avais vendu des bijoux. Mais je n'avais pas gagné d'argent. C'est une découverte douloureuse. Et une leçon que je ne suis pas près d'oublier.
Je décide de fermer la boutique Wix et de reconstruire Cœur Ailleurs sur Shopify.
Shopify, 17 heures par jour et un devis à 4 000 €
Je me replonge dans Shopify. Cette fois, je suis déterminée à comprendre. Je m'aide de l'intelligence artificielle, je teste, je recommence, je cherche des solutions. Certaines journées, je passe jusqu'à 17 heures devant mon ordinateur. Je dors mal. Je suis nerveuse. Et je bloque notamment sur ma page d'accueil.
Je veux que Cœur Ailleurs ait une image premium.
Je ne veux pas d'un site qui ressemble à une boutique improvisée.
Je contacte une agence pour organiser des photographies professionnelles de mes bijoux. Le devis approche les 4 000 €. Impossible pour moi. Alors je décide de me débrouiller seule encore une fois.
J'achète un socle tournant, une lumière circulaire et quelques présentoirs. Moins de 100 € de matériel. Et je recommence mes photos moi-même. Encore une compétence à apprendre. Encore une chose que je n'avais pas imaginé devoir faire.
Septembre 2026 - je suis entrepreneure, mais je suis maman avant tout
En septembre, je dois mettre Shopify de côté. Notre fils aîné part s'installer en France. Je l'accompagne pour l'aider dans cette nouvelle étape. Pendant trois semaines, mon projet attend. Parce qu'avant d'être entrepreneure, je suis maman. Et ce départ me bouleverse bien plus que je ne l'avais imaginé.
Je suis fière de lui. Fière qu'il veuille construire son avenir. Mais son absence me pèse. Plus de 6 000 kilomètres nous séparent désormais. Je découvre de plein fouet ce que l'on appelle le syndrome du nid vide.
Quand je rentre à Abu Dhabi, je suis épuisée émotionnellement. Et pourtant, mon projet est toujours là. Il m'attend.
Octobre 2026 - Douze mois. 365 jours.
Un matin, je réalise que cela fait presque un an que je travaille sur cette idée de bijoux.
Un an. Douze mois. 365 jours.
Cette petite graine qui avait germé dans mon esprit a pris racine. Mais la boutique que je veux vraiment construire n'est toujours pas officiellement lancée. Alors je prends une décision.
Je me donne quinze jours.
Quinze jours pour terminer. Quinze jours pour ouvrir. Quinze jours pour arrêter de repousser ce moment. Sauf qu'à chaque fois que je pense avoir fini, je découvre quelque chose que je n'avais pas anticipé. Les obligations administratives. La licence commerciale. Les validations des moyens de paiement. Les politiques de livraison et de retour. Les traductions. Les paramètres des différents pays. Les emails automatiques. Le référencement Google. Les fiches produits. Les photographies.
Et, évidemment, les calculs de rentabilité.
Je décide de reconstruire sérieusement mon fichier Excel, avec l'aide de Claude AI Pro, pour mieux intégrer les coûts et les marges.
Cette fois, je veux savoir ce que je gagne réellement sur chaque vente.
Et je repense à toutes ces publicités qui promettent qu'il est si facile de créer un business e-commerce.
Facile ? Mais à quel moment ? Parce que moi, je peux vous assurer que je n'ai pas trouvé le bouton magique. Je termine le référencement de mon site. Je vérifie les derniers détails. Et j'envoie enfin le résultat à mon fournisseur.
Sa réponse me touche énormément.
Il m'écrit qu'il espère que je deviendrai leur plus grand partenaire. Après tous ces mois de travail, ces quelques mots me font un bien fou.
17 octobre 2026 - Bienvenue, Cœur Ailleurs
Et puis le jour arrive. Le 17 octobre 2026. Une date qui a déjà une place particulière dans mon cœur. Deux ans plus tôt, le 17 octobre 2024, Fred et moi nous mariions à Las Vegas, pendant notre tour du monde.
Un mariage complètement fou.
Et deux ans plus tard, me voilà en train de lancer officiellement ma marque de bijoux.
Une boutique de bijoux personnalisables en argent, avec des finitions dorées ou or rose, et des créations imaginées pour porter un prénom, un mot, un souvenir, une histoire.
Je l'ai fait.
Je ne savais pas construire un site e-commerce.
Je ne savais pas comment trouver un atelier.
Je ne connaissais presque rien aux intégrations techniques, aux frais de transaction ou au référencement.
J'ai appris. Souvent difficilement. Parfois en me trompant complètement. Mais j'ai appris.
Un mariage de folie. Un projet fou. Tout est lié.
Et maintenant ? La partie que personne ne montre sur Instagram.
Je pourrais terminer mon article ici. Sur une belle photo de ma boutique. Sur cette phrase : « J'ai réalisé mon rêve. » Mais ce serait encore une fois ne raconter qu'une partie de l'histoire.
Parce qu'aujourd'hui, dix jours après le lancement officiel, la réalité me rattrape.
J'ai bien réalisé des ventes durant le premier week-end, grâce à mon offre de lancement de 15 % de réduction. J'étais tellement heureuse ! Après une année de travail, voir arriver ces premières commandes était une vraie satisfaction.
Mais depuis la fin de cette promotion ? Silence radio... rien du tout.
Je cherche à comprendre pourquoi les gens viennent, regardent, puis repartent. Il y a des moments où je me demande si je n'ai pas encore rêvé trop grand. Parce que je découvre aujourd'hui, qu'ouvrir une boutique et réussir à la faire vivre sont deux défis complètement différents.
Ce Journal de bord n'a jamais eu pour vocation de vous montrer une entrepreneure qui réussit tout. Il raconte le chemin d'une femme qui essaie.
Et aujourd'hui, cette femme vient de lancer sa marque de bijoux.
Ma boutique existe mais l'aventure ne fait que commencer.
Victoria Perrier Williams
Fondatrice de Cœur Ailleurs et auteure de La Femme Entrepreneure.
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