Journal d'une femme entrepreneure
Épisode #001
Et si mon idée ne servait à rien ? Ce que je vis, là, maintenant
Il y a un sentiment qu'aucune entrepreneure n'ose vraiment avouer. On a une idée, on y croit, on se lève tôt et on se couche tard pour la construire et puis un jour, on va regarder ce que font les autres. Et là, le sol se dérobe.
C'est exactement ce que je vis ce soir, en écrivant ces lignes.
Le début : un bain, en 2020
Tout est parti d'un soir de 2020, dans mon bain. J'ai réalisé que les femmes de mon équipe, en passant du salariat à l'entrepreneuriat, se heurtaient toutes aux mêmes mécanismes psychologiques, ce blocage invisible que personne ne leur avait jamais expliqué. Alors j'ai écrit un ebook. Un simple document que je remettais à chaque nouvelle personne qui me rejoignait.
Six ans plus tard, une autre équipe de marketing réseau me l'a demandé. C'est là qu'est née l'idée d'aller plus loin : un livre complet, accompagné de deux ebooks, pensé comme un schéma pour créer des déclics.
Aujourd'hui : la chute
Et aujourd'hui, après avoir travaillé comme une folle sur ce projet, je suis allée regarder ce qui existe déjà sur le marché. Des milliers de contenus, depuis des années, sur exactement ce sujet. Et une petite voix m'a soufflé : le tien ne sert presque à rien. Il va se noyer dans la masse.
Je me suis sentie toute petite. Peut-être que j'ai attendu trop longtemps. Peut-être que je n'étais pas prête avant. Ou peut-être que mon idée trouvera son chemin, avec le temps, je ne sais pas encore. Ce que je sais, c'est que ce sentiment-là est profondément douloureux, et qu'il est encore plus compliqué à porter qu'on ne l'imagine de l'extérieur.
Ce qui rend ça encore plus difficile : le jugement qu'on invente
Le pire, ce n'est même pas de constater que d'autres ont fait "mieux" ou "avant". C'est de se glisser dans la tête des autres et d'imaginer ce qu'ils pensent de ce qu'on présente. On n'a strictement aucune idée de ce que les gens pensent réellement. Mais le cerveau, lui, va toujours vers le pire scénario. On s'invente un jugement qui n'existe peut-être même pas, et on se juge soi-même à travers ce jugement imaginaire. C'est épuisant, et c'est rarement dit à voix haute.
Ce que je choisis d'en faire
Je n'ai pas de morale toute faite à donner ce soir, parce que je suis en plein dedans. Mais il y a une chose dont je suis sûre : ce sentiment de petitesse face à la concurrence, ce doute qui nous fait comparer notre coulisses aux vitrines des autres, ça fait partie du chemin. Ce n'est pas un signal qu'il faut arrêter. C'est un passage, presque obligé, de toute personne qui ose montrer quelque chose au monde.
Alors si toi aussi, ce soir ou un autre jour, tu regardes ce que font les autres et que tu te sens minuscule face à ton propre projet, sache que ce n'est pas la preuve que ton idée ne vaut rien. C'est juste la preuve que tu es en train de construire quelque chose qui compte assez pour toi pour avoir peur de le perdre.
Peut-être que dans un an, je relirai cet article avec le sourire. Aujourd'hui, je ne peux pas le savoir. Alors je continue.
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